Édito 22 mai 2026

Baisse démographique, quels choix pour l’École ?

Une opportunité pour le SNEP et la FSU !

Lors du CSA-A1 du mardi 31 mars, les représentant·es de la FSU, dont le SNEP, ont vivement dénoncé les choix politiques du gouvernement pour la rentrée prochaine : la façon dont est gérée la diminution des effectifs d’élèves entre dans la logique comptable qui prévaut depuis trop longtemps, à savoir faire des économies à tout prix. La seule option proposée supprime des classes, en entassant toujours les élèves, et par conséquent supprime des postes d’enseignement. Concrètement, dans les collèges et lycées de l’académie, 81 postes sont supprimés, dont 13 en EPS, qui paie un lourd tribut à l’austérité ambiante.
La FSU a rappelé que d’autres choix étaient possibles et nécessaires pour offrir aux élèves l’occasion de vivre leur scolarité dans un cadre plus serein ; cette baisse démographique devrait au contraire permettre la diminution des effectifs par classe, qui, rappelons-le, sont en France, toujours les plus élevés d’Europe.
En EPS comme dans toutes les matières, gérer un groupe de 30 ou 35 élèves, au lieu de 25, n’a pas du tout la même incidence sur les apprentissages. La tension inévitable générée par le trop grand effectif a des conséquences importantes en termes de quantité de pratique physique, de qua-lité relationnelle ou de disponibilité de l’enseignant·e. Chacun·e d’entre nous le sait bien.
Dans le même ordre d’idée et dans un souci constant de représenter au plus près les collègues, la FSU s’est de nouveau attachée à souligner que ces choix dégradent encore les conditions de travail des enseignant·es. L’évolution sociale d’une grande partie de la jeunesse nécessite de plus en plus souvent de notre part un engagement fort et parfois épuisant en énergie, qui serait en partie atténué par des effectifs moins élevés, sans oublier, comme le rappellent Coralie Benech et Fabrice Allain, co-secrétaires généraux du SNEP-FSU2, que « l’insuffisance des recrutements provoque à chaque rentrée scolaire des milliers d’heures d’EPS non assurées, et la suppression de postes a (aussi) pour conséquence la baisse du nombre d’associations sportives scolaires… »
Ce serait l’occasion de faire sauter le verrou des seuils de création de classe : celui-ci bloque en effet l’attribution des moyens quand, dans les établissements, nous le demandons pour une nécessaire ouverture supplémentaire de classe au vu de la tension sur un niveau.
Cette baisse démographique n’est pas non plus uniforme dans les territoires ; la situation ouvre aussi la possibilité de réfléchir à une répartition plus équitable entre établissements, ruraux et urbains par exemple.
Le Recteur n’a pas semblé complètement fermer la porte à un possible échange sur ces sujets primordiaux l’an prochain, la FSU à travers tous ses syndicats continuera à être offensive pour impulser des changements cruciaux.
1CSAA : Comité Social d’Administration Académique
2Interview de Fabrice Allain et Coralie Benech, co-secrétaires généraux du SNEP-FSU, par Djé-hanne GANI, du Café Pédagogique – article du 5 mai 2026

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